Ce terme italien date de la Renaissance, et signifie "peindre dans le frais" ou peindre en "un seul jet" ou encore "du premier coup". C'est une technique de peinture à l'huile.

Peindrealla prima s'oppose au lent travail par couches successives et glacis.

Cette technique rapide servait, depuis le XVIème siècle, pour des projets, esquisses et ébauches de tableau, et pour les pochades, faites sur le motif en préparation d'un paysage composé, élaboré ensuite en atelier.

Les peintres de l'Ecole de Barbizon et les Impressionnistes ont utilisé ce processus. Cette pratique étant favorisée par letemps de durcissement très long de l'huile.

Paysage au clair de lune , de Charles-Francois Daubigny (école de Barbizon), vers 1875, huile sur panneau, 35 x 57,3 cm, Heino, Pays-Bas, Fondation Hannema de Stuers

Voici en quoi consiste la techniquealla prima :

  • Peindre dans la globalité et non détail après détail.
  • Superposer et juxtaposer les couleurs avant qu'elles ne durcissent, sans vraiment les mélanger.
  • Des gestes rapides et maîtrisés afin d'éviter les retouches et garder la spontanéité.
  • Donner « l'impression visuelle » plutôt que le réalisme par la forme et la ligne.

Conseils en quelques étapes :

  1. les formes, les ombres et les lumières : placer les formes par les zones d'ombres et de lumière grâce à des couleurs neutres telles que les terres d'ombres et des ocres.
  2. les volumes : superposer les teintes en les mariant les unes aux autres sans toutefois les mélanger complètement. Les couleurs sont plus variées, certaines vont tirées vers le vert, d'autres vers l'orangé ou encore le violacé, etc. Les ombres ont également plusieurs degrés, leur intensité varie allant jusqu'au très sombre sans pour autant tomber dans le noir. L'oeuvre est travaillée dans sa globalité, et non zone après zone. Seuls les formes et les volumes sont mis en place, les détails ne viennent qu'en dernier.
  3. le fond : étant donné que la peinture est fraîche, la couleur du fond va se se fondre avec celles du visage. Et pour une plus grande harmonie de l'ensemble, la couleur du fond se retrouve parmi les teintes utilisées pour le visage, pour une plus grande unité et cohérence picturale. Par superpositions et juxtapositions de petites touches fondues les unes aux autres, la peinture est appliquée, atténuant alors les traces de pinceaux pour créer un doux modelé.
  4. quelques détails : quelques détails sont renforcés, des éclats de lumière avec quelques rehauts de blanc, quelques ombres sont assombries, allant jusqu'au noir.

Voir une démonstration en vidéo :  https://www.coursbeauxarts.fr/359-la-technique-de-l-%C3%A9bauche-alla-prima.html


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Sur le motif

Peindresur le motif ou le vif (par opposition à peindre en atelier)

Peindre sur le motif ou sur le vif signifie en contact direct avec le modèle, le référent sous les yeux, devant soi. Ainsi, pour peindre un paysage, il faut être devant ce paysage, dans la nature et non entre les murs d'un atelier.

Cette pratique donnera aussi naissance à un mouvement : le pleinairisme. La représentation du paysage évolue de manière sensible au XVIIIème siècle car on constate un engouement nouveau pour tout ce qui relève de la spontanéité.

Cette possibilité sera réellement offerte aux peintres grâce à une invention révolutionnaire : le tube de peinture en zinc.

Voir explications en image...

Alla prima

Réalisme

Processus

Le processus d'élaboration et de création d'une oeuvre se déroule en de multiples étapes : idée ou intention, projet, croquis, esquisses, conception d'ébauche, genèse, réalisation ou fabrication, production, présentation, exposition, réception (par un spectateur), diffusion (par les reproductions), conservation.

Peinture

Pratique bidimensionnelle, peindre est souvent considéré comme un remplissage. Peindre sans dessiner au préalable permet de faire évoluer cette représentation et de faire des choix en fonction d'intentions. Explorer la peinture en termes de formes, de passages d'une couleur à l'autre... permet de travailler avec la diversité des couleurs et d'apprendre à fabriquer ses propres couleurs. La peinture est également envisagée pour sa matérialité, son épaisseur. Elle peut se déposer en couches épaisses (empâtement) ou très liquides (glacis). Elle laisse voir les gestes et les traces des outils utilisés.

Le peintre Pierre Soulages « conçoit ses couteaux à peindre avec des morceaux de semelle de cuir, des raclettes de caoutchouc, de vieux pinceaux rigidifiés par la peinture, des tiges de bois, des planches brisées, toutes échardes dehors, d'autres encore entourées de chiffons... ». Cité dans le dossier du Centre Pompidou Paris

Voir le document sur le lexique des pratiques en arts plastiques sur Eduscol

Mots associés :

  • Techniques de peinture : peinture à l'huile, peinture acrylique, gouache, peinture vinylique, techniques mixtes
  • Touche du peintre (trace)
  • Glacis # Empâtements
  • Châssis (format)
  • Chevalet
  • Palette
  • Les supports : toile, bois, carton, tissu, roche...
  • Les outils : pinceau, couteau, brosse, doigt...
  • Atelier # Pleinairisme

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Voir l'affiche sur ce domaine artistique (en téléchargement).

Lumière

Pinceaux

Un pinceau est composé de 3 éléments :

  • Lemanche ouhampe : en bois, plume, métal ou plastique ;
  • Lavirole: en métal, plastique ou plume et fil ;
  • Latouffe : en poils naturels ou en fibres synthétiques.

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Harmonie

Rehauts

Couleur

La couleur est liée à la perception, aux propriétés physiques et à la dimension culturelle. Il y a un nombre infini de couleurs.

La couleur, lorsqu'elle est liée à la figuration, peut s'éloigner du strict rôle d'identification (« le ciel est bleu, les toits sont rouges... »). Il est intéressant d'évoquer les couleurs présentes en architecture ou sur certaines sculptures, avec notamment une réflexion sur la restauration lorsqu'il s'agit des couleurs souvent disparues des statues grecques antiques, ou des façades des cathédrales, entièrement peintes. Dans l'usage courant, certaines couleurs sont associées à des émotions ou des sentiments : le rouge pour la colère, le bleu pour la peur, etc. La couleur peut être choisie indépendamment de ces représentations, celles-ci variant selon les sociétés.

Voir le document sur le lexique des 9 notions en arts plastiques sur Eduscol

Atelier

Glacis

Un glacis est une couche de peinture transparente que l'on superpose à une autre déjà sèche.

Son but est de ne pas recouvrir un fond, mais uniquement d'en nuancer la teinte. Ce doit être une consistance de peinture très légère, très diluée composée de couleurs transparentes, (laque carminée, garance, bleu de Prusse, vert émeraude, jaune indien, blanc de zinc,…).  Autant de couches peuvent être appliquées que nécessaire, du moment que le temps de séchage entre chacune d'elle est bien respecté. La superposition peut donc être illimitée, les effets n'en seront que meilleurs.

Cette technique est utilisée pour créer des dégradés, des nuances très subtiles comme pour les ombres d'un visage. A l'origine, c'est une technique de la peinture à l'huile, mais il est possible aussi de faire des glacis avec de la peinture acrylique (très diluée à l'eau, et/ou avec l'ajout de médium à glacis).

Dans la technique du sfumato , l'utilisation de glacis est obligatoire.

Forme

  • La forme peut être celle de l'objet artistique : un tableau, une sculpture, une installation, etc. La forme se définit au sein même de l'œuvre : « la sculpture est la mise en forme d'un bloc (de pierre, de bois, de plâtre etc.), la peinture est la mise en place, sur une surface plane, de figures ou de formes, l'architecture est la mise en forme d'un édifice dans l'espace ». Etienne Souriau, Vocabulaire d'esthétique, Éditions PUF, p. 1140

  • La forme peut être celle de l'objet représenté (voir aussi l'écart lié à toute représentation).

Une grande diversité de formes peut être observée et créée : élancée, verticale, horizontale, pesante, lisse, granuleuse, ronde, anguleuse, etc.

Temps

  • Le temps peut être lié à la narration. La narration est l'acte de langage par lequel on raconte quelque chose. Les éléments du langage des arts plastiques permettent ainsi de raconter de manière visuelle. La relation entre narration et temps est évidente dans un film, une vidéo ou une bande dessinée (accélération ou ralentissement dans la narration). La Tapisserie de Bayeux, 70 mètres de long, réalisée au XIe siècle retrace l'histoire mouvementée de la conquête du trône d'Angleterre par Guillaume le Conquérant.

  • Le temps représenté dans l'œuvre peut être suggéré par un mouvement, la vitesse, par une répétition d'un même personnage évoquant un déplacement (dans les œuvres du mouvement futuriste, par exemple). Le temps peut être arrêté tel un instantané photographique (Le Sacre de Napoléon, David 1806-1807). L'œuvre peut rendre compte de moments fugaces (Série des Meules, Monet, plus d'une vingtaine de toiles vers 1890).Dans le cas d'une image fixe, le spectateur (re)construit mentalement le récit, à partir d'une répétition de formes, la mise en scène de personnages, le hors champ, une action arrêtée, une profusion de détails, une succession d'événements, l'organisation dans l'espace de l'œuvre etc. Il est possible également de faire cohabiter plusieurs temps dans un même espace, comme cela est l'usage dans les représentations du Moyen Âge.

  • Le temps est également celui de la création de l'œuvre, pouvant être rendu lisible par l'artiste. Il est également celui qui s'écoule depuis la création de l'œuvre, qui peut occasionner des changements, parfois voulus comme dans certains bâtiments en architecture par exemple ou encore des altérations nécessitant une restauration.

  • Le temps est celui de la contemplation de l'œuvre par le spectateur.

Voir aussi à temporalité

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